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Un pont s'effondre au nord de Toulouse entraînant la chute de deux véhicules et la mort de deux personnes

19 novembre 2019 à 07h00 Par Guillaume Pannetier
Le pont de Mirepoix-sur-Tarn au nord de Toulouse s'est effondré ce lundi 18 novembre 2019.
Crédit photo : Twitter @olecore

Le pont suspendu de Mirepoix-sur-Tarn, en Haute-Garonne, s'est effondré ce lundi matin aux alentours de 8 heures. Une jeune fille de 15 ans est morte, il y a plusieurs blessés légers. Le corps du conducteur du camion a été retrouvé en fin de journée. Les habitants choqués s'interrogent sur la présence du poids lourd sur cet édifice interdit aux plus de 19 tonnes.

Le pont suspendu de Mirepoix-sur-Tarn (Haute-Garonne), petit village d'environ 1 000 habitants au nord de Toulouse, s'est effondré ce lundi 18 novembre 2019 vers 8h10. Au moins deux véhicules, une Renault Clio et un poids lourd ont fait une chute de 19 mètres de haut. Une adolescente est décédée, ainsi que le conducteur du camion. « À cette heure, on ignore encore les causes précises de l'accident », a indiqué le ministère de la Transition écologique et solidaire dans un communiqué.

Les habitants sont sous le choc

L’émotion est immense dans le village d’un millier d’habitants. « J’ai ressenti comme un tremblement de terre » témoigne Marie, 45 ans qui habite à une centaine de mètres du pont. « Au début je ne savais pas ce que c’était. J’ai ressenti quelques secousses, puis en regardant depuis ma fenêtre qui donne sur le fleuve du Tarn, j’ai vu l’horrible dans mes yeux. Le pont était tombé dans l’eau. » poursuit l’habitante du village. Pour cette petite commune qui se situe non loin de Bessières, c’est avec émotions et bouleversement qu’elle apprend cette triste nouvelle. ​« Je suis impressionné et abasourdi, tous les matins les bus scolaires passent par ce pont et des jeunes le traversent pour aller prendre le bus de l’autre côté de la rivière. Je me souviens même qu’il y a quelques années des travaux ont été mené sur celui-ci. Je suis stupéfait de cet accident. » témoigne Romain un riverain.

Le regard froid, les yeux rivés vers l'accident, et les mains fermées, pour Jeanne, 38 ans directrice d'une start-up c'est avec les larmes aux yeux qu'elle voit ce pont sous l'eau. Avec une amie et d’autres habitants, elle est venue au plus près du pont, sur les berges escarpées du Tarn. Elle propose aux gendarmes d’apporter boissons chaudes et sandwichs à la centaine de sauveteurs, qui se relaient pour assurer les recherches. Avant de repartir chez elle, Jeanne se dit quelques mots : "Cela aurait pu être moi, ce pont je le prends tous les jours..." 

Ce pont était bien en bon état

Selon la dernière inspection menée fin 2018 par les équipes du conseil départemental, qui gère 1 800 ouvrages de ce type en Haute-Garonne, aucun problème n’avait été soulevé qui aurait pu remettre en cause la sécurité des usagers. « Oui ce pont était en bon état, il a été rénové en temps voulu, ce n’est pas une erreur de structure du pont. En général les camions passent par un autre pont… Mais pas ce lundi matin », relève Eric Oget, le maire de la commune qui sait que cet accident sera « un traumatisme » pour ses habitants.

Laurent Nunez, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur et Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire étaient sur place ce lundi après-midi. Emmanuelle Wargon a promis de passer de « 70 à 126 millions d’euros dans les prochaines années pour réparer les ponts.

Un camion trop lourd qui empruntait le pont

Les limitations de poids étaient-elles respectées ? Non, selon les premiers éléments de l'enquête. Le camion qui transportait une foreuse dépassait la limite autorisée de 19 tonnes. Une restriction de circulation en vigueur de 2001, clairement indiquée à l'entrée de l'ouvrage. Pour Michel Bortolameolli, l'ancien premier adjoint à la mairie, la restriction n'était pas toujours respectée. "Malheureusement, on a constaté régulièrement des camions dont le poids dépasse la limite autorisée. "

Le maire de Mirepoix-sur-Tarn affirme que l’effondrement du pont est lié à un camion « hors norme » qui est passé sur l’ouvrage. « On parle de plus de 45 tonnes. Les gendarmes ont commencé à estimer la dimension du camion et on est sur ces volumes-là » a précisé Éric Oget.

Ce lundi, trois hélicoptères, près de 120 sapeurs-pompiers et gendarmes, deux équipes de plongeurs et deux équipes avec des bateaux zodiacs sur la rivière Tarn ont été mobilisés.