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Les étudiants en première année de médecine très inquiets pour leur concours à Toulouse.

08 mai 2020 à 10h10 Par Guillaume Pannetier
Le bureau d'une étudiante en Paces à Toulouse. Pendant le confinement c'est son seul et unique lieu de travail.
Crédit photo : Toulouse FM

Mi-juin, des milliers d'étudiants en première année de médecine vont devoir se regrouper pour passer leur concours. En pleine pandémie, de nombreux étudiants craignent d'être pénalisés par la crise sanitaire avec des concours compressés à Toulouse.

Pendant que les médecins luttent contre l'épidémie de Covid-19, les étudiants en première année commune aux études de santé (Paces) luttent, eux, contre leurs angoisses à Toulouse. Les étudiants voient leurs modalités de concours changer drastiquement. Les épreuves ont été repoussées d’un mois, voire plus, selon les facultés de médecine, et se tiendront pendant la seconde quinzaine de juin. 

C’est un sentiment d’inquiétude et de frustration qui règne chez les étudiants, comme en témoigne Clara, élève en première année de Paces à la faculté de médecine Rangueil : « Nous sommes très inquiets. Des épreuves qui se déroulent normalement sur plusieurs jours vont se dérouler en seulement une journée. C’est très frustrant, car on travaille beaucoup pour au final avoir un concours sous forme de tombola. C’est une aberration et la chute va être brutale pour de nombreux étudiants. » explique la jeune fille.

« Notre année va se jouer avec des dés »

L’inquiétude grandit pour ces milliers d’étudiants qui voient les modalités de leur concours changer radicalement d’un jour à l'autre. A Toulouse, la durée des épreuves est divisée par trois. Le tronc commun sera évalué en 1 heure et 35 minutes (au lieu de 5 heures 40 les années précédentes). Pour Antoine, étudiant en santé, les nouvelles modalités d’examens décidées par les Doyens posent un problème. « Celles-ci renforcent le poids de la chance au détriment d’une vraie évaluation d’un panel de connaissances. Il n’est pas concevable que notre avenir se joue sur un coup de dé. » regrette le jeune homme. Certains s’inquiètent de devoir prendre les transports en commun et ne savent pas dans quelles conditions sanitaires ils passeront l’examen. Antoine comme de nombreux étudiants réclame « une modification des règles statutaires, des lois ou décrets actuels".

Des étudiants déboussolés

« Ma fille est déboussolée, c’est le concours de toute une vie, et ce n’est plus du tout égalitaire. » déplore Nassim qui est parent et à la fois professeur en médecine à la faculté de Toulouse. Pour lui, il est inconcevable d’applaudir le personnel soignant à 20 heures et de maltraiter en même temps les futurs soignants avec ce concours. Il y a des inégalités car chaque faculté met en place ses propres modalités pour l’examen.

« Les conditions sont les mêmes pour tous les étudiants, je ne pense pas qu’il y ait rupture d’équité, assume de son côté Patrice Diot, président de la Conférence des doyens de médecine. Une pression d’autant plus forte que tous les étudiants ne sont pas logés à la même enseigne pour réviser dans le contexte du confinement.