Actualités > Procès AZF

Un journaliste du Figaro dénonce les conditions de l'enquête

Marc Menessier a écrit un livre sur le sujet : "AZF : un silence d'Etat". Le journaliste est venu parler de son enquête au tribunal.

Il a prêté serment de dire la vérité et toute la vérité. Cela tombe bien car Marc Menessier, journaliste au Figaro a quelques vérités à dire et il ne s'est pas gêné même si cela en a gêné certains. Marc Menessier est journalsite mais c'est aussi un ingénieur agricole. Le nitrate d'ammonium il connait. Il raconte comment il a appris que l'usine avait explosé alors qu'il était au Danemark : "J'étais dans un taxi. Le chauffeur m'a dit : "une usine a explosé chez vous". J'ai eu la crainte que ce soit un attentat. Nous étions dix jours après le 11 septembre 2001. Le chauffeur m'a rassuré : "Ne vous inquiétez pas, c'est un accident". Déjà, à 13 heures, le 21 septembre, depuis le Danemark, on disait que l'explosion était accidentelle." Depuis il tente de comprendre pourquoi les autorités avaient autant de certitudes. Il se demande pourquoi la piste de l'acte criminel n'a pas été davantage explorée. Il raconte que les policiers qui ont enquêté sur cette piste ont été évincé de l'enquête. Il parle aussi des difficultés qu'il a eu à communiquer avec le procureur. Il dit même avoir été menacé : "Je lui ai demandé la liste officielle des victimes, il m'a répondu que je la connaissais déjà car j'allais en faire partie". La suite des débats avec les avocats est assez tendue. Maitre Topaloff attaque : "C'est formidable le métier de journaliste, parce que l'on peut affirmer des choses et se retrancher derrière le secret des sources." Elle reproche à Marc Menessier de s'être trompé sur un chiffre. Maitre Lévi interroge Marc Menessier sur l'éthique journalistique. Le journaliste répond que c'est de "croire ce qu'on voit et de ne pas voir ce qu'on croit". Le procureur attaque alors frontalement le témoin. Il lui demande s'il a lu les 110 tomes de la procédure. "Oui". "Tout". "Oui". "Vous avez tout lu ?". "Oui, même si parfois c'était en diagonale". Le procureur jubile, s'emporte,satisfait d'avoir mis le journaliste en difficulté. Mais Marc Menessier ne se laisse pas démonter : "parce que vous vous n'avez rien lu en diagonale ?" Applaudissement dans la salle. Le président du Tribunal rappelle tout le monde au calme.