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La thèse criminelle agite le procès

Depuis vendredi, le tribunal examine l'hypothèse d'un acte terroriste à l'origine de l'explosion.

C'est le chapitre interdit du procès AZF, celui qui n'aurait même pas dû franchir les portes de la salle d'audience. Le président du tribunal le souligne d'ailleurs : "c'est atypique de traiter dans un procès d'un point qui n'a pas été retenu par l'instruction". Bien que le président juge légitime de se pencher sur cette théorie, soutenue par la défense, il a jugé utile de mettre en garde contre la "facilité avec laquelle un individu peut être stigmatisé par son origine". Car, en effet, derrière cette thèse criminelle, il y a un homme : Hassan Jandoubi, mort ce 21 septembre 2001. L'examen de son corps révèle qu'il portait plusieurs couches de vêtements. Selon certains, cela peut rappeler les tenus des kamikazes palestiniens. Une note des renseignements généraux, établies dix jours après l'explosion d'AZF,indique que Hassan Jandoubi était proche d'un mouvement islamique. Mais la fiabilité de cette note semble discutable. Elle n'a pas été signée et certaines de ses informations se sont révélées fausses. Le matin du 21 septembre 2001, une altercation a eu lieu sur le site de l'usine entre un groupe d'intérimaires et les conducteurs de camions venus chercher les sacs d'amonitrate. Un conflit aurait éclaté à cause de la présence de drapeaux américains sur l'un des poids lourds. Selon, l'un de ces chauffeurs, un des intérimaires, peut-être Hassan Jandoubi, lui aurait demandé de les enlever et l'aurait menacé avant d'ajouter : "Aujourd'hui c'est le grand jour". Selon Serge Biechlin, le directeur d'AZF, l'altercation n'a pas eu lieu avec Hassan Jandoubi mais un mystérieux maghrébin à moustache qui ne faisait pas partie de son personnel. Maitre Alfort, l'avocat de la famille Jandoubi, rappelle qu'avant tout Hassan est une victime comme les autres. La sœur de l'intérimaire va témoigner cet après-midi. Les débats sur cette piste criminelle se poursuivent jusqu'à jeudi.